fbpx

Gaspard Freediving

Tolerance au CO2 et contractions

En Mars 2021 alors que mon coach présentait les grandes lignes du programme d’entrainement qui nous attendait, je doit avouer que de voir apparaitre la composante “CO2” ne m’a pas vraiment fait plaisir : concretement, j’aime l’apnée mais je n’aime pas souffrir et encore moins avoir des contractions (spasmes) et il était hors de question pour moi de chercher à m’exposer trop frequement à cette sensation desagréable.

L’erreur que je commetais alors était de croire qu’être tolérant au CO2 signifiait être capable de tolérer, d’endurer les contraction provoquées par son augmentation… C’est une erreure fréquentes dans le monde de l’apnée que nous allons essayer ici de debunker.

Sortons un peu du cadre de l’apnée :

Imaginons que vous ayez un ami intolérant au lactose et qui, lorsqu’il boit du lait a des nausées et des spasmes incontrôlables.

Imaginez ensuite que cet ami vous explique qu’il souhaite augmenter sa tolérance au lactose et que pour cela, il ingurgite régulièrement plusieurs verres de lait. Grace a cela vous explique-t-il, il est de plus en plus confortable avec ses nausées et ses spasmes : ceux-ci ne lui font « presque plus rien » !

Nous voyons bien que cette situation est absurde !

Si le but est d’améliorer la tolérance au lactose, le résultat doit être l’ABSENCE de spasmes et de nausées lors de l’ingestion de lait.

Pour revenir à l’apnée.

Lorsque l’on a une contraction liée au CO2, notre corps exprime un rejet. On a tendance a minimiser une contraction mais soyons claire, peu importe que celle ci soit “petite” ou que l’on arrive a rester calme en sa presence, il s’agit quoi qu’il en soit d’un mouvement incontrollé de votre corp, d’une alerte de votre systeme nerveux que quelque chose ne vas pas. Vous n’etes plus maitres de vous meme (et ce n’est pas pour un orgasme !) et être capable de s’y habituer peut certes vous permettre d’aller chercher un résultat à court terme mais ce n’est absolument pas un moyen durable de progresser pour la plupart d’entre nous !

Entrainement à l’apnée

De maniere générale, le but de l’entrainement à l’apnée doit etre une desensibilisation neurologique aux stimulus qui seront induits par l’objectif (CO2 en l’occurence mais il y a évidements d’autres stimulations dans une performance), c’est le principe meme de l’adaptation. Une fois la phase d’entrainement terminée, nous pouvons entrer dans une phase de performance (beaucoup plus courte) pendant laquelle, si vous le souaithez (mais ce n’est pas un imperatif avec une bonne periodisation) vous allez pouvoir sacrifier un petit peu la qualité de vos plongées pour aller chercher un resultat. Néanmoins ces plongées “performance” ne peuvent constituer qu’un petite fraction de vos plongées au risque de stagner (voir régresser).

Comment améliorer sa tolérance au CO2

Si vous souhaitez augmenter votre tolérance au CO2, la première chose à faire est de se débarrasser des contractions liées au stress. Pour cela je vous recommande de répéter des apnées à 50% de votre maximum et avec récupération complète jusqu’à n’avoir plus aucune contraction. 

Ensuite vous devez construire votre entraînement pour chercher à vous exposer le plus souvent possible à la période qui PRÉCÈDE l’arrivé d’une contraction tout en restant en parfait contrôle et maîtrise de vous même :

Si elle est vraiment liée au CO2, une contraction n’arrive pas seule ; avant sa venue on peut ressentir une sensation de chaleur et d’oppression au niveau de la poitrine. Il s’agit ici de la zone ideal d’entrainement pour augmenter votre tolerance au CO2 tout en s’assurant que l’on ne génère pas de contractions liées au stress. Pendant cette période, gardez votre calme et votre concentration pour que l’expérience globale de votre plongée reste positive. C’est en englobant une petite dose de CO2 (de stimulation) dans un confort global que vous allez pouvoir reprogrammer votre système nerveux et repousser la réponse à l’augmentation du CO2 (contraction). Vous allez pouvoir ainsi augementer la qualité de vos apnées sur le long terme.

Conclusion :

J’espère que cet article vous aura donné des outils pour mieux penser votre entraînement. Vouloir “en chier” pour progresser peut certes sembler tentant pour certains mais comme dans tous les sports, cette mentalité fait surtout preuve d’une impatience associée à de la paresse intellectuelle qui ne fera que vous limiter dans la réalisation de votre potentiel. La différence entre l’apnée et les autres sports c’est qu’en apnée il est difficile de se blesser et il est donc possible d’être en sur-entraînement de manière permanente sans s’en rendre compte : Sauts d’humeur, iritabilité, squeez, mauvais sommeil, anxieté avant une session, perte de motivation pour l’entrainement, annulations de derniere minute ou simple abandon de l’apnée… Prenez soin de vous et n’ignorez pas ces signes, vous vous entrainnez probablement à trop haute intensité.

Pour aller plus loin

En static, il est extremement facile d’appliquer ces principes à votre entrainement : cet article qui explique comment repousser les contractions donne un bon exemple d’exercice.

Vous pouvez également vous pencher sur cet article qui va vous donner les clés pour contruire vous meme un exercice d’apnée